Camilla Läckberg, Le Tailleur de Pierre


Auteur : Camilla Läckberg
Titre : Le Tailleur de Pierre
Titre original : Stenhuggaren
Année : 2009

Quatrième de couverture : 

"La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer. Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l'avoir esquintée. Il jeta un coup d'oeil par-dessus bord mais ce qu'il vit n'était pas le casier. C'était une main blanche qui fendit la surface agitée de l'eau et sembla montrer le ciel l'espace d'un instant. 
Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs..." 
Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l'eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu'un l'a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ? 
Alors qu'Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu'il est bouleversé d'être papa, Patrik Hedström mène l'enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines - querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles - dont les origines peuvent remonter jusqu'aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.


Mon avis : 
Je suis décidément accro aux policiers suédois l'été, peut être par envie de fraîcheur qui sait. Toujours est-il qu'entre deux tomes de Millénium, je me suis attaquée à la suite de la saga de Camilla Läckberg autour des personnages d'Erica et Patrick Hedström.

Dans ce tome, deux intrigues se croisent sans cesse sans qu'elles n'aient apparemment de liens entre elle. Ce n'est qu'au bout d'un long moment que l'on comprend en quoi le tailleur de pierre présenté dans des flash backs qui remontent au début du XXe siècle a son importance dans le meurtre sordide auquel la ville de Fjällbacka vient d'être confronté. Camilla Läckberg a vraiment été très habile sur ce point car elle a su distiller quelques informations sans que le lien ne devienne évident avant qu'elle l'ait décidé. C'est un gros point fort de ce livre.

Dans la même optique et comme c'est le cas déjà dans les deux tomes précédents, l'auteure utilise une multitude de points de vue dans ce roman, tout en se gardant bien de laisser découvrir trop de choses aux lecteurs avant la fin de l'histoire. C'est notamment le cas avec l'histoire des parents de la petite fille assassinée, Andrew et Charlotte qui sont des personnages très mystérieux que l'on peine à cerner. Ce sont des amis des Hedström mais en même temps tout semble par moment les accuser du pire. On les soupçonne, puis on s'attache à eux etc, il est vraiment difficile d'avoir une opinion sur eux. Läckberg prend aussi le temps d'égarer un peu plus son lecteur grâce à l'évocation des voisins de la petite fille tuée, ennemis jurés de sa grand-mère et dont le fils semble un meurtrier parfait aux yeux de celle-ci car il est atteint d'autisme.

Ce tome est également l'occasion d'assister à la construction du foyer Hedström puisqu'Erica, qui était enceinte dans le tome précédent, a accouché d'une petite fille. Il est donc d'autant plus difficile pour les deux protagonistes principaux de rester froid face au meurtre qui a été perpétré. Les deux jeunes parents ne peuvent s'empêcher de craindre pour leur propre fille, ce qui ne contribue pas à l'avancée de l'enquête pour Patrick. De plus, Erica n'est pas en forme car la petite Maja refuse de s'endormir ailleurs qu'au sein de sa mère, ce qui pèse sur le bien-être et le besoin de sommeil de celle-ci. L'arrivée de la mère de Patrick, venue l'aider, a plutôt l'effet inverse à ses yeux. Le thème de la famille et des liens parents/enfants est également abordé à travers le personnage de Mellberg, chef du commissariat, qui doit lui aussi se faire à une nouvelle arrivée dans son foyer.

Ainsi, ce roman de Camilla Läckberg est fidèle à l'ambiance et aux intrigues des tomes précédents : à côté de l'intrigue proprement dite, la vie personnelle des personnages est plus que jamais mouvementée et permet à l'auteur d'aborder des thèmes sociaux importants tels que la famille, les relations de voisinages, le regard sur le handicap, le poids des secrets... S'il n'est pas, je trouve, le meilleur de la série, l'intrigue très intéressante permet un très bon moment de lecture pour quiconque aime ce genre de policiers.


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