Valentine Goby, Kinderzimmer


Auteur : Valentine Goby
Titre : Kinderzimmer
Année : 2013

Quatrième de couverture : 
En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout. Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Mon avis : 

Au milieu de tous les romans sur les camps de concentration et d'extermination, certains se démarquent plus que d'autres que ce soit par leur thème ou par leur style. Ici Valentine Goby aborde la question de la vie d'une femme dans un camp et surtout celle de la maternité au milieu de l'horreur du camp de travail de Ravensbrück.

J'ai trouvé le style de ce roman très beau mais aussi très abrupt par moment. Cela permet de mettre en avant la violence des sentiments de Mila mais c'est aussi un peu déroutant. J'ai d'ailleurs eu peur en lisant le début que tout le roman soit écrit de cette manière mais, très vite, l'auteure change de style et se livre à une écriture beaucoup plus touchante et poétique de l'horreur.

Les sentiments de la narratrice occupent une grande partie de ce roman. A certains moments, le personnage est abattu et semble vouloir se laisser mourir. A d'autres, elle veut se battre coûte que coûte contre la mort et la misère. Le contraste est frappant et repose sur des éléments un peu trop facile parfois, je trouve, comme par exemple le pari qu'elle fait avec une autre déportée : si le chien ne la mord pas, elle prendra soin d'elle et de son enfant à venir. C'est l'un des éléments que je reprocherai à ce livre.

Cet enfant est au cœur du roman, même s'il ne naît que vers la moitié, car c'est à cause de lui que Mila a peur pour sa vie et pour lui qu'elle veut vivre. C'est une histoire touchante que celle de ces bébés nés à Ravensbrück, dans ces lieux de morts. La scène de l'accouchement est d'ailleurs pour cela particulièrement frappante. Dans la suite du roman, on découvre les conditions de vie de ces nourrissons qui ne dépassent pas les 3 mois, le lait en poudre qu'une femme SS vole pour nourrir des chatons alors qu'il y en a déjà trop peu, les mères étant trop faible pour nourrir leur propre enfant. L'atmosphère de ce roman est donc relativement lourde mais l'espoir prime sur la misère tout au long du récit. Le personnage de Mila est admirable même si ce sont ses relations qui l'aident à rester debout.

Ainsi, ce roman est très intéressant puisqu'il aborde un aspect méconnu des camps de concentration dans un récit fort du point de vue d'une femme. Le fait qu'il évoque l'après des camps, dans un futur proche mais aussi dans un futur plus lointain, est aussi très important je trouve pour faire de ce livre un roman sur la seconde guerre mondiale à lire absolument malgré quelques éléments un peu faciles.

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