Nathalie Azoulai, Titus n'aimait pas Bérénice


Auteur : Nathalie Azoulai
Titre : Titus n'aimait pas Bérénice
Année : 2015

Quatrième de couverture : Titus n'aimait pas Bérénice alors que Bérénice pensait qu'il l'aimait. Titus n'aimait pas Bérénice alors que tout le monde a toujours pensé qu'il n'avait pas le choix et qu'il la quittait contre sa propre volonté. Titus est empereur de Rome, Bérénice, reine de Palestine. Ils vivent et s'aiment au 1er siècle après Jésus-Christ. Racine, entre autres, raconte leur histoire au XVIIe siècle. Mais cette histoire est actuelle : Titus quitte Bérénice dans un café. Dans les jours qui suivent, Bérénice décide de revenir à la source, de lire tout Racine, de chercher à comprendre ce qu'il a été, un janséniste, un bourgeois, un courtisan. Comment un homme comme lui a-t-il pu écrire une histoire comme ça ? Entre Port-Royal et Versailles, Racine devient le partenaire d'une convalescence où affleure la seule vérité qui vaille : si Titus la quitte, c'est qu'il ne l'aime pas comme elle l'aime. Mais c'est très long et très compliqué d'en arriver à une conclusion aussi simple.


Mon avis : 

J'ai tout de suite été frappée par ce titre accrocheur quand je l'ai croisé au détour d'une librairie, au point que contrairement à mon habitude, je n'ai pas attendu (de longs mois) une éventuelle sortie en poche pour me décider à le lire. Il faut dire quand même que même si le prix est celui d'un grand format, la taille raisonnable de ce livre m'a certainement moins fait peur (les grands formats ça ne rentre jamais dans mon sac donc ça reste chez moi, donc je les lis pas cqfd).

Dans ce livre, Nathalie Azoulai fait le parallèle entre un couple que l'on pourrait qualifier de banal de nos jours, Bérénice et Titus, lui même marié à Roma, et le couple avorté entre l'Empereur romain Titus et Bérénice, reine de Chalcis (je ne suis pas sûre de moi, n'hésitez pas à me détromper au besoin), rendu notamment célèbre par la pièce de Racine, Bérénice. J'ai beaucoup aimé cette pièce, c'est aussi pour cela que ce livre me tentait beaucoup. Mais, problème : finalement, le roman est plus centré sur la figure de Jean Racine lui même que sur ces deux personnages dont on n'entend pas plus parler que de Phèdre ou d'Andromaque. C'est un peu de la publicité mensongère cette histoire !

On se retrouve donc avec une biographie romancée de Racine. Ennuyeux ? Rébarbatif ? Déjà vu ? Sans hésitation, NON ! Même si j'ai été déçue par la tournure que prend le roman dans ce sens et par la présence très limitée de nos Titus, Bérénice et Roma des temps modernes, je dois reconnaître que Nathalie Azoulai a su transcrire avec passion et beauté l'histoire mais aussi le caractère de l'un des plus grands dramaturges français. J'avais tout au long de ma lecture l'impression de suivre l'écrivain dans son parcours de Port Royal à Paris, en passant par le Sud. J'ai appris beaucoup de choses et je pense que je penserai désormais à ce roman chaque fois que j'entendrais parler de Racine. Le problème est que j'ai presque trouvé les quelques chapitres se déroulant aux côtés de Bérénice inutiles et ennuyeux. Je ne comprends pas trop ce qu'à voulu faire l'auteure : pourquoi avoir voulu intégrer son roman sur Racine dans un autre roman qui n'est du coup qu'avorté ?

J'ai donc relativement aimé ce roman même s'il ne remplissait pas du tout mes attentes du départ. L'écriture est très belle et porte réellement le récit sur Racine. Par contre, je regrette que la démarche de biographie romancée n'aie pas été assumée jusqu'au bout. Il y a pour moi un roman qui n'est pas fait dans ce livre alors que c'est celui que la quatrième de couverture nous fait attendre : le vrai lien entre Bérénice et Titus et les personnages de Racine. Le lien est pour l'instant bien faible, deux prénoms et une bibliothèque pleine des pièces du dramaturge...

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