Vu au théâtre de La Colinne, Le Canard Sauvage d'Ibsen








Auteur : Henrik Ibsen
Titre : Le Canard Sauvage
Titre original : Vildanden
Année : 1884
Mise en scène : Stéphane Braunschweig au Théâtre de la Colline

Présentation du spectacle : Dans le face-à-face entre Gregers l’idéaliste, qui veut rétablir la vérité dans le monde, dût-il le mettre à feu et à sang, et Hjalmar, qui a choisi le confort de la compromission et du “mensonge vital”, on retrouve les contradictions chères à Ibsen. Mais elles s’enflamment ici avec une violence meurtrière, scandaleuse : c’est une adolescente qui les prend de plein fouet. Plus ambigu que jamais, Ibsen renvoie dos à dos les adversaires, et fait trembler le réalisme de sa pièce en lui inventant un arrière-plan étrange: une forêt reconstituée dans un grenier, avec une basse-cour en guise de faune... C’est là que la jeune Hedwig et son grand-père trouvent refuge. S’agit-il d’une dérisoire tentative de compensation ? Ou cette extravagance hors normes a-t-elle à voir avec ce que le rêve, l’imagination – le théâtre – peuvent sauver de la réalité? Pour Stéphane Braunschweig, la pièce dévoile la précarité des bases sur lesquelles se construisent les existences normales. Cette vulnérabilité, c’est peut-être ce qui nous rend proches les personnages d’Ibsen : l’effort qu’ils font pour défendre leurs fragiles édifices – de vie, de rêve ou de pensée – ne peut les protéger des soubresauts du réel. (site de la Colline)

Mon avis :
Avec Le Canard sauvage, reprise d'un spectacle créé à la Colline en 2014, on découvre peu à peu, par petite touche et sans jamais vraiment tout savoir le passé trouble de deux familles que tout unit et que tout sépare. C'est avec la soif de vérité de Gregers, sa « fièvre de transparence » que la vie de la famille de Hjalmar se trouve chamboulée à jamais.

Cette pièce pose en toute beauté la question de la vérité : faut-il tout dire, tout avouer ? à tout le monde ? L’honnêteté doit-elle primer sur tout et dans tout les cas ou le bonheur est-il plus important dans certaines situations ? Le personnage du Canard Sauvage, invisible sur scène mais omniprésent pour les personnages, symbolise cette vie de l'illusion, il est heureux car il a oublié ce que c'était qu'être un canard sauvage, sa vie actuelle ne peut donc pas lui déplaire, il n'en connait pas d'autre.

La mise en scène en elle même met l'accent sur le fait que la vie ne tient qu'à un fil, que sa stabilité peut à chaque instant être reprise en question, lors des retrouvailles avec un vieil ami par exemple... Elle montre aussi le poids, la force, l'autorité du père de Gregers qui grandit au fur et à mesure de la pièce grâce à l'utilisation de la vidéo.

J'ai beaucoup apprécié cette pièce. Le temps passe à une vitesse impressionnante face à une histoire aussi prenante dans une mise en scène aussi réussie.

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