Yves Grevet, Nox, tome 1 : Ici-bas


Dans une ville basse enveloppée d’un brouillard opaque – la nox –, les hommes sont contraints de pédaler ou de marcher sans cesse pour produire leur lumière. Comme l’espérance de vie y est courte, la loi impose aux adolescents de se marier et d’avoir un enfant dès l’âge de dix-sept ans. Lucen a peur de perdre celle qu’il aime, la rebelle Firmie, qui refuse de se plier à la règle. Il sent aussi ses meilleurs amis s’éloigner de lui. L’un d’eux, Gerges, s’apprête à rejoindre la milice qui terrorise les habitants, un autre, Maurce, un groupe hors-la-loi. C’est l’heure pour Lucen de faire des choix qui détermineront toute son existence. Au même moment, dans des territoires épargnés par la nox, la jeune Ludmilla ne se résigne pas au départ forcé de Martha, la gouvernante qui l’a élevée, injustement renvoyée par son père. Elle décide de tout tenter pour la retrouver.

Oui, vous pouvez vous dire que je ne lis que du jeunesse en ce moment, mais ça fait du bien et puis ça m'aura permit de découvrir cette petite pépite. Oui, je vous annonce tout de suite la couleur (aucun suspense...) mais ce livre est réellement un coup de coeur. Je l'ai fini cette nuit (vive l'orage qui m'a empêché de dormir !) et j'ai eu beau réfléchir ensuite, je n'y vois vraiment aucun point négatif.

Tout d'abord, je vais vous parler un peu plus de l'univers. C'est un univers dystopique mais ce que j'ai beaucoup aimé, c'est que la technologie n'est pas présente en sur-abondance comme c'est parfois le cas dans les science-fictions (je pense à la saga Uglies par exemple). Ici, au contraire, les riches ont tout juste accès à ce qui fait notre quotidien, et encore on ne parle pas de portable, d'ordinateur..., tandis que les pauvres sont obligés de fabriquer leur propre électricité pour éclairer leur chemin, leur maison, faire fonctionner le réfrigérateur...

J'ai trouvé qu'ici Yves Grevet ne faisait qu'accentuer certaines caractéristiques de notre monde actuelle. Sur la question des habitations par exemple, les riches vivent dans les hauteurs, au soleil, tandis que les personnes défavorisés sont condamnés à vivre en périphérie, sous la Nox, une sorte de pollution qui masque le soleil et cause des problème de santé. N'est ce pas un peu le cas chez nous ? Il n'existe pas de loin qui condamne les familles défavorisés à vivre dans les quartiers dangereux, mais ont-elles pour autant plus le choix.

Quant aux personnages, ils ont beau avoir seulement 17 ans (mon âge d'ailleurs), je les ai trouvé très réfléchis, très matures. Ce n'est pas un point négatif car je pense qu'il est logique que la société dans laquelle ils vivent les ait contraints à grandir. Ils sont en âge de se marier selon leurs lois. Mon personnage préféré a été sans  hésitation Firmie. Elle vient d'une famille plus défavorisée que celles de Lucen et Gerges, est sous l'emprise d'un père violent et a même des "problèmes" de santé à un moment du livre mais elle reste toujours très courageuse et prête à tout pour ceux qu'elle aime.

L'histoire est raconté successivement du point de vue de trois narrateurs :

Il y a d'abord Lucen qui peut être considéré comme le personnage principal car les intrigues tournent toute autour de lui. C'est un garçon qui paraît d'abord assez lâche, ces meilleurs amis sont dans des camps opposés mais il ne prend jamais parti mais on lui découvre peu à peu une personnalité plus forte. J'ai beaucoup aimé ce personnage, il est toujours généreux, courageux... Comme je l'ai dis de son amoureuse, Firmie, c'est aussi quelqu'un de prêt à tout pour ceux qu'il aime. Il se retrouve au cœur d'une intrigue politique sans vraiment l'avoir demandé, juste parce qu'il a accepté le mauvais travail des mauvaises personnes. Mais nous reparlerons de l'intrigue politique plus tard.

Le deuxième personnage qui raconte l'histoire est Gerges. Ce personnage, d'abord assez détestable car il suit les opinions de sa famille sans y réfléchir, va lui aussi progressivement mûrir et se battre pour ce qu'il pense juste. Malheureusement, je n'ai pas aimé ce qui se passait pour lui à la fin du roman (spoiler : il croit bêtement les mensonges de son père).

Le dernier personnage narrateur est aussi la seule fille et la seule "d'en haut". Ludmilla est une jeune fille d'une famille haut placée qui a été élevé par une femme nommée Martha. Lorsque son père expulse sa gouvernante sans lui en expliquer la raison, elle décide de tout faire pour la retrouver. Elle se retrouve alors à côtoyer des gens "d'en bas" et découvre qu'ils ne sont pas du tout comme on le lui a toujours appris. Elle s'engage alors contre son père pour leur cause.

Dans ce roman, la politique prend une place importante mais comme tout reste fictif, c'est très simple à comprendre. Il y a deux principaux groupes politiques qui s'affrontent : les Chacun à sa place et les Chacun où il veut, vous l'aurez certainement compris, les premiers prônent la continuation de ces lois restrictives, l'isolement des pauvres et l'impossibilité de changer de classe sociale, tandis que les seconds prône la fin de ces lois.

Je ne vous en dis pas plus, c'est déjà ma plus longue chronique de ce blog, j'espère que je vous ai donné envie de le lire.

Note : 20/20


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