Raymond Queneau, Exercices de style


Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au long cou, coiffé d'un chapeau orné d'une tresse au lieu de ruban. Le jeune homme échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s'asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus. Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes.

Le génie de Queneau est ici de réussir à raconter 99 fois une histoire qui pourrait nous arriver à tous, à condition de prendre au moins une fois les transports en commun, tout en ne lassant pas son lecteur. J'ai lu ce livre d'une traite (enfin de deux traites pour être précise : un matin dans le train, le lendemain au retour), et je tenais à ne le lire que dans les transports en commun pour me plonger dans l'ambiance instaurée. C'est d'ailleurs un livre qui se prête tout particulièrement à la lecture entre deux arrêts de bus : les réécritures les plus longues n'excèdent pas trois pages.

Ici, Queneau explore de nombreuses formes d'écriture : théâtre, poésie, déposition... Il joue également sur les manifestations des sens, sur les points de vues... J'ai trouvé qu'aucun de ces styles ne lui appartenait plus qu'un autre finalement, et comme je n'ai pas accroché à Zazie dans le métro justement à cause de ce style, ce n'était pas plus mal du coup.

C'est donc une lecture pas prise de tête mais très drôle que je conseille à tous, même aux plus jeunes. C'est l'un des premiers livres que ma mère m'avait prêté parmi les siens, je l'ai relu plusieurs fois et c'est toujours aussi amusant.

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