Howard Buten, Quand j'avais cinq ans je m'ai tué


Il voulait voir s'envoler les minutes... Gil n'a que huit ans. Mais son petit cœur a déjà connu de bien grands sentiments. Trop grands. Trop forts... A cause de ce qu'il a fait à Jessica, le voici dans une résidence spécialisée. Seul, face à la bêtise des adultes qui transforment ses rêves en symptômes cliniques, et son amour en attentat. Seul dans une forteresse de silence. Qui pourra l'y rechercher ? Une émotion pure, dans une langue merveilleusement préservée.

J'avais déjà lu ce livre il y a quelques années et depuis quelques temps j'avais envie de le relire (j'ai d'ailleurs réalisé que je l'avais mis dans ma wish-list pour le mini swap wish list, si ma swappé passe par là qu'elle ne s'inquiète pas si c'est celui qu'elle m'a choisi, je ne l'ai toujours pas dans ma bibliothèque et je le veux toujours). Pourtant, une fois prête à le commencer, j'ai eu un peu peur de ne pas être emporté comme la première fois. J'avais peur d'être déconcertée par le style et de ne plus aimer.

Et puis, j'ai finis par me lancer. Je suis contente de dire que j'ai tout autant aimé. Le style donne énormément de richesse à ce roman. On est complètement emporté par le récit du petit Gil. J'ai beaucoup aimé les passages où il nous raconte ses rêves, toutes les histoires qu'il invente et auxquelles il semble vraiment croire. L'usage de Gil comme narrateur permet de comprendre son incompréhension face aux réactions des adultes, il est perpétuellement dans son monde et ne semble pas décidé à en sortir. Pour preuve, il refuse 

Par rapport à l'histoire, je dirais qu'elle est très mystérieuse. A vrai dire, quand on m'a demandé ce que c'était, j'ai été incapable de l'expliquer. Le roman alterne récit de la thérapie du petit garçon à la résidence Home d'enfant les Pâquerettes et récit de sa vie passé, avec ses amis, son frère, et surtout avec la petite Jessica.On ne sait qu'à la fin quel a été le fameux crime de Gil dont on entend parler depuis le début du livre. Certains diront que c'est une manière de nous obliger à poursuivre notre lecture mais je pense que c'est une manière de nous faire voir les événements de deux manières différentes : après avoir imaginé le pire pendant 200 pages, on se repasse le livre en accéléré et on voit tout sous un jour nouveau lorsque l'on apprend finalement ce qui a amené Gil en résidence spécialisé.

Ce roman n'aura pas fini de me toucher, de me marquer et même de me bouleverser. Je pense le relire régulièrement car je pense qu'il aura toujours de nouvelles choses à m'apprendre, à me faire comprendre. J'ai aussi regardé le film qui m'a aussi bouleversée d'une manière tout à fait différente. Alors que je me sentais complètement vide durant ma lecture pour recevoir toutes les émotions en bourrasque à la fin, j'ai au contraire eut les larmes aux yeux durant tout le film. J'ai beaucoup aimé le petit Gil.


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