Marcel Pagnol, La Gloire de mon Père (Souvenirs d'enfance, tome 1)

Marcel Pagnol raconte, en qualité de témoin, les personnages de son enfance et la vie dans la famille d'un instituteur d'Aubagne, qui va s'animer avec la location d'une bastide dans la garrigue de l'arrière-pays marseillais où ils vont passer les grandes vacances. Cette villa dont rêve Marcel depuis toujours se nommera la Bastide neuve, il y passera les plus beaux jours de sa vie.
On y voit comment le petit Marcel parvient à épanouir peu à peu sa personnalité, celle d’un fils aîné de Provence, passionné par la lecture et les aventures dans les collines, partagé entre son amour exclusif pour la belle couturière, éternelle jeune fille incarnée par Augustine, qui sera une mère tendre et discrète, et l’admiration pour son père, Joseph le maître d’école, anticlérical et anti-alcoolique, mais profondément humain. Il ne deviendra complètement son héros qu’en lui prouvant qu’il aime autant que lui ses chères collines, glorifié par un exploit de chasse. L’enfant se débat entre ses rêves et les découvertes parfois angoissantes de la réalité du monde où il vit : Les adultes peuvent aussi mentir...
Sentir qu’il est aimé et entouré, parvenir à être fier de ses parents et de lui-même est le défi même de cette belle et poignante histoire.... à la fois unique et universelle.

Quand j'ai acheté ce roman, c'était surtout dans l'espoir de retrouver l'ambiance des films que j'ai tous vu plusieurs fois et que j'adorais enfant. Je dois dire que je n'ai pas du tout été déçue par ce premier tome qui est même allée au delà de ce que j'espérais.

J'ai en effet trouvé que le style de Pagnol décrit à merveille les collines provençales. A travers ces mots, on verrait presque le soleil briller, la végétation se développer, on entendrait presque les cigales chanter et on sentirait presque le thym sauvage environnant.C'est quelque chose que j'apprécie beaucoup dans une lecture que de pouvoir imaginer sans me forcer, grâce à la plume de l'auteur, les scènes représentées.

Passons à l'histoire maintenant, le point de vue de l'enfant est lui aussi merveilleusement décrit par Marcel Pagnol, ce qui lui permet de donner vie à son autobiographie. Il ne cherche pas à retranscrire toute son enfance en quelques centaines de pages bien sûr mais quand il écrit La Gloire de mon père il recréé l'ambiance de ses premières vacances à la Bastide-neuve, certainement comme lui s'en souvient. Il nous transmet ses émotions, ses peurs, ses doutes.... Et alors nous parcourons les collines avec lui, comme si nous étions Lili, l'ami qui le suivra partout dans Le Château de ma mère, et que nous allions chasser la bartavelle avec lui.

J'ai donc eu un énorme coup de cœur pour ce roman de Pagnol qui m'a passionné du début à la fin. Il est à mon goût extrêmement bien écrit. C'est une oeuvre qui relate le début du siècle dernier mais qui se fait toujours actuelle par les thèmes qu'elle relate et la bourrasque de vie qu'elle transmet à ses lecteurs. Lire La Gloire de mon père, ce n'est pas retomber en enfance, c'est être un enfant, un enfant intemporel et universel.

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