Vu au théâtre de l'Odéon Berthier, La bonne âme du Se-Tchouan (Bertolt Brecht, mise en scène de Jean Bellorini)


Trois dieux voyagent dans la fameuse région reculée de Chine, le Se-Tchouan (Sichuan). Ceux-ci font la rencontre de Wang, un marchand d'eau, à qui ils demandent un gîte. Wang, après de nombreuses tentatives vaines auprès de la population, pense à Shen Té, une jeune prostituée. Elle accepte de loger les trois dieux pour la nuit. Pour la récompenser, les Dieux lui donnent de l'argent, ce qui permet à la jeune femme de racheter un débit de tabac. C'est alors que les ennuis vont commencer : passer par-dessus la misère, c'est aussi l'affronter. Shen-té va ainsi trouver peu de clients, mais beaucoup de mendiants et des commerçants peu scrupuleux face à qui, magnanime, elle ne parvient pas à refuser l'hospitalité ou les factures qui lui sont tendues. Ne pouvant plus assumer ses engagements, Shen Té se fait passer pour un prétendu cousin, Shui Ta, qu'elle incarne elle-même. Shui Ta est un excellent et redoutable homme d'affaires. À chaque fois que Shen-Té sera en difficulté, elle fera appel à ce cousin. Et elle le fera de plus en plus car lui seul parvient à maintenir la rentabilité de l'établissement. - Source résumé

Je ne connaissais pas du tout le théâtre de Bertolt Brecht avant d'aller voir cette pièce, mais à la lecture de son résumé, elle m'a attirée, intriguée aussi. On y parle de dieux mais aussi d'une prostituée, laquelle se révèle être finalement la personne la plus humaine de la ville ce qui lui attire finalement des problèmes. Les clichés sont renversés mais rien de bancal ici. Les personnages sont tous très vivants.

Surprise une fois dans la salle, la pièce est musicale. Ce sont les acteurs qui chantent ce qui leur donnent une dimension particulière, que je ne saurais vous dire si j'ai apprécié ou non.

Par contre, j'ai beaucoup aimé les décors à la fois épurés et présents. Les objets n'ont pas été posé là au hasard, ils ont pour rôle de servir les personnages mais aussi de recréer l'ambiance d'un quartier dévasté par la misère qui y règne en maîtresse.

En conclusion, la pièce et sa mise en scène était une bonne découverte. Celle ci joue la carte de la modernité tout en restant assez classique. La pièce est longue mais on ne s'y ennuie vraiment pas !

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